Place de l’Hôtel-de-Ville

La place de l’Hôtel-de-Ville – Esplanade de la Libération1, ancienne place de Grève jusqu’en 1803, est une place de Paris, en France. Cette place est située sur les berges de la Seine, d’où son ancien nom (grève : terrain plat composé de graviers ou de sable en bord de mer ou de cours d’eau).

Ce site est desservi par la station de métro Hôtel de Ville.

Le site était occupé autrefois par une ancienne grève, donc une sorte de plage faite de sable et de gravier, d’où il était facile de décharger des marchandises arrivant par la Seine.

« La place de Grève, vis-à-vis de l’hôtel-de-ville, fut établie en vertu d’une charte du roi Louis le Jeune [Louis VII de France, dit Louis le Jeune, né en 1120, mort en 1180 à Melun, roi de 1137 à 1180], sur la demande des bourgeois de Paris. Ce monarque y déclara que, moyennant la somme de soixante-dix livres parisis que ces bourgeois lui paieraient, la place resterait libre et qu’on n’y élèverait aucun bâtiment. Depuis ce temps, on fait dans cette place différentes cérémonies, telles que celle du feu de la Saint Jean : la ville y donne des fêtes ; et c’est là que se font ordinairement les exécutions. La première est de l’année 1310, époque à laquelle une femme hérétique, nommée Marguerite Perrette, y fut brûlée. La halle au vin y fut transportée en 1413, et la place au charbon, en 1642. »

La place de Grève est à l’origine du mot « grève », qui désigne un arrêt volontaire du travail. Cette place, qui tire son nom du fait qu’elle était bordée d’une plage de sable et de gravier, était l’un des principaux ports d’accostage des bateaux qui ravitaillaient la ville en bois, en blé et en vin. Un marché s’installa à proximité. Aussi les hommes sans emploi y trouvaient-ils facilement du travail. L’expression “faire grève” a donc d’abord signifié “se tenir sur la place de Grève en attendant de l’ouvrage” avant d’évoluer vers le sens qu’on lui connaît aujourd’hui, à savoir cesser le travail “en se liguant pour obtenir une augmentation de salaire” (Littré, 1872).

Sous l’Ancien Régime, cette place servait aussi aux exécutions et aux supplices publics. Robert François Damiens, qui avait tenté de tuer Louis XV, y fut exécuté. La Révolution continua la tradition : la première exécution par guillotine eut lieu en place de Grève en 1792.

La place de Grève, devenue en 1803 place de l’Hôtel de Ville, abrite le siège de la municipalité parisienne depuis 1357, quand Etienne Marcel, prévôt des marchands, acquiert là à tel effet « la maison aux piliers ». À son retour des guerres d’Italie, François Ier décide de lui substituer un nouvel édifice qu’il commande à l’Italien Dominique Boccador. Le nouveau bâtiment, conçu en 1533, n’est achevé qu’en 1628. Dans la première moitié du XIXe siècle, il fait l’objet d’importants remaniements qui altèrent son style initial. Devenu le siège de la préfecture de la Seine à partir de 1849, il accueille à ce titre le préfet Haussmann dès 1853. Ces fonctions nouvelles se conjuguent avec les remodèlements dont Haussmann est maître d’œuvre pour modifier la physionomie de la place.

Ainsi, très vite s’y installe un port remplaçant le Port Saint Landry situé sur l’île de la Cité. Le port de la Grève devient le plus important de Paris : le bois, le blé, le vin, le foin y sont déchargés, facilitant ainsi l’installation d’un marché. C’est autour de ce port que va ainsi se développer sur la rive droite, un quartier très dense. L’Hôtel de Ville ne va pas tarder à s’y installer, devant lequel s’étendait la « place de Grève » (un quart plus petite que l’actuelle place de l’Hôtel de Ville). Cet endroit était donc devenu le cœur de la cité.

Sous l’Ancien Régime, et après la Révolution cette place servait aussi aux exécutions et aux supplices publics : Robert François Damiens, François Ravaillac entre autres y furent écartelés. C’est également sur la place que l’on brûla, Catherine Deshayes, dite la Voisin pour sorcellerie le 22 février 1680, pour l’affaire des poisons.

On y dressait également le feu de la Saint-Jean qui était traditionnellement allumé par le roi de France en personne, coutume qui perdura jusqu’en 1648, date à laquelle Louis XIV officia pour la dernière fois2.

Par décision du Conseil de Paris en date du , la place prend officiellement le nom de place de l’Hôtel-de-Ville – Esplanade de la Libération, en hommage aux libérateurs de Paris en 19441.

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